L’obésité est une maladie du tissus adipeux ayant des répercussions cliniques et psychologiques. Définie comme maladie chronique par l’OMS en 1997 et par l’union européenne en 2004, l’obésité touche 17,5% des Français en 2025. Cette maladie récurrente et récalcitrante se soigne mais ne guérit pas avec les soins actuels. Une alimentation équilibrée et une activité physique régulière pourtant essentiels pour maintenir un poids et un état de santé plus stables, ne suffisent pas à faire reculer la maladie et la chirurgie bariatrique peut en effrayer plus d’un. La prise en charge de l’obésité connait aujourd’hui une révolution majeure avec la mise sur le marché de traitements pharmacologiques qui sont les analogues du GLP1. D’une part leur usage par nombre de célébrités provoque un réel engouement médiatique semblant accorder à ces médicaments des effets magiques. D’autre part, d’aucuns penseraient que leur utilisation est un chemin de facilité emprunté par celles et ceux incapables de fournir les efforts requis pour contrôler leur alimentation. Loin d’être un traitement miracle, ces médicaments ont toutefois une vraie place dans le parcours de soin du patient souffrant d’obésité. Leur utilisation est normalement très encadrée, et tout le monde n’est pas censé pouvoir y accéder, de plus les résultats ne sont peut-être pas si incroyables qu’on le prétend.
- Quels médicaments de l’obésité existent en 2026 ?
Il existe trois grandes molécules de la même famille qui sont aujourd’hui disponibles en France pour le traitement de l’obésité :
L’orlistat (Xenical®, génériques) est le plus ancien. Il inhibe les lipases intestinales et bloque environ un tiers de l’absorption des graisses alimentaires. Son efficacité reste modeste (perte de 3 à 5 % du poids corporel en moyenne, équivalente à une prise en charge diététique) et sa tolérance digestive est mauvaise (selles grasses, urgences fécales). Le Xenical est commercialisé depuis 1998 et sa délivrance nécessite une prescription médicale. Le liraglutide (Saxenda®, 3 mg/jour en injection quotidienne) est un analogue du GLP-1 qui réduit l’appétit via l’activation des récepteurs hypothalamiques dans le cerveau et en augmentant la satiété en ralentissant la vidange gastrique. Il permet une perte de poids moyenne d’environ 8 % en 56 semaines selon les études pivots. Le sémaglutide (Wegovy®, 2,4 mg/semaine en injection hebdomadaire) est un analogue du GLP-1 de seconde génération (monoagoniste), plus puissant et mieux toléré que le liraglutide. Il agit sur la satiété, la vidange gastrique et les centres de récompense alimentaire du cerveau. Le tirzépatide (Mounjaro®, de 2,5 à 15 mg/semaine en injection hebdomadaire) est le plus récent et le plus efficace à ce jour. Il contient 2 molécules un agoniste GLP-1 et du GIP (Glucose-dependent Insulinotropic Polypeptide), qui sont deux hormones dont l’action combinée sur le cerveau et l’adipocyte amplifie la perte de poids bien au-delà des mono- agonistes.
Source : OMS, lignes directrices mondiales sur les analogues GLP-1 dans l’obésité,
décembre 2025 — https://www.who.int/fr/news/item/01-12-2025-who-issues-global-guideline-
on-the-use-of-glp-1-medicines-in-treating-obesity - À qui s’adressent les traitements médicamenteux de l’obésité ?
Les analogues du GLP-1 (sémaglutide, tirzépatide, liraglutide) sont indiqués en deuxième intention, uniquement après échec d’une prise en charge nutritionnelle et comportementale bien conduite (définie par une perte de poids inférieure à 5 % après 6 mois d’efforts documentés). Pour bénéficier de ces traitements il existe des conditions d’IMC éventuellement associé à une pathologie chronique susceptible de s’améliorer avec la perte de poids
Profil éligible (mais sans remboursement du traitement) :
– IMC ≥ 30 kg/m² (obésité grade 1)
– Ou IMC ≥ 27 kg/m² avec au moins une comorbidité liée au poids (hypertension, diabète de type 2, dyslipidémie, apnée du sommeil, maladies cardiovasculaires)
Profil éligible au remboursement (depuis le 15 juin 2026) :
– IMC initial ≥ 40 kg/m² (obésité grade 3 ou massive)
– Ou IMC ≥ 35 kg/m² (obésité grade 2 ou sévère) avec au moins une comorbidité grave
Ces traitements ne sont pas indiqués chez les femmes enceintes, les patients atteints de pancréatite chronique, d’antécédents de carcinome médullaire thyroïdien ou de NEM2 (néoplasie endocrinienne multiple de type 2).
Loin d’être des traitements de confort ou à visée esthétique ce sont des médicaments
qui doivent être utilisés pour améliorer la santé et la qualité de vie.
Sources : ANSM, conditions de prescription des aGLP-1, mis à jour au 01/04/2026 —
https://ansm.sante.fr/actualites/analogues-du-glp-1-et-obesite-nous-prenons-des-mesures-
pour-securiser-leur-utilisation-en-france | HAS, recommandations parcours de soin obésité. - Qui peut prescrire les traitements médicamenteux de l’obésité ?
Depuis le 23 juin 2025, l’ANSM a simplifié les règles : tout médecin peut prescrire et renouveler Wegovy®, Mounjaro® et Saxenda® dans le respect de leurs AMM (Autorisation de mise sur le Marché) (sans remboursement). Il n’est plus nécessaire de passer par un spécialiste pour l’accès non remboursé.
En revanche, pour bénéficier du remboursement (depuis le 15 juin 2026), la prescription initiale est réservée aux médecins exerçant dans des structures spécialisées de niveau 2 ou 3 :
– Centres Spécialisés Obésité (CSO)
– CHU, Services de Médecine et de Réadaptation (SMR) spécialisés
– Endocrinologues, diabétologues, médecins nutritionnistes ayant une compétence validée (DESC, FST nutrition, VAE)
Le renouvellement peut ensuite être effectué par le médecin généraliste. Dans ce cadre, il est nécessaire de demander à votre médecin traitant de vous adresser vers un professionnel travaillant dans une structure appropriée.
Source : ANSM, évolution des conditions de prescription, 20/06/2025, mis à jour 01/04/2026
— https://ansm.sante.fr/actualites/analogues-du-glp-1-indiques-dans-le-traitement-de-
lobesite-lansm-fait-evoluer-leurs-conditions-de-prescription-et-de-delivrance | Arrêtés du 10
juin 2026, Journal officiel du 12 juin 2026. - Quels résultats attendre des traitements médicamenteux de l’obésité et dans quels délais ?
Les données cliniques sont remarquables et sans précédent dans l’histoire pharmacologique de l’obésité. Ces résultats sont bien supérieurs à une prise en charge diététique associée à l’activité physique, toutefois, selon les attentes individuelles, ces résultats pourraient sembler insuffisants pour sortir de la zone d’obésité. Les études pivot STEP pour le sémaglutide et SURMOUNT pour le Mounjaro nous apportent des données précieuses sur le sujet :
– Pour le Sémaglutide (Wegovy®) — Études STEP : dans l’essai STEP-1 (New England Journal of Medicine, 2021), une perte de poids moyenne de 17,3 % en 68 semaines est observée sous sémaglutide 2,4 mg vs 2,4 % sous placebo. L’étude SELECT (2023) a démontré une réduction de 20 % des événements cardiovasculaires majeurs chez les patients obèses à haut risque CV, un résultat décisif pour la validation du remboursement par la HAS.
– Pour le Tirzépatide (Mounjaro®) — Études SURMOUNT : SURMOUNT-1 montre une perte de poids de 22,5 % en 72 semaines à la dose de 15 mg. L’essai SURMOUNT-5, (financée par le fabriquant) publié dans le New England Journal of Medicine (2025) et présenté au Congrès Européen de l’Obésité (ECO 2025), est la première comparaison directe randomisée entre les deux molécules : le tirzépatide surpasse le sémaglutide avec −20,2 % vs −13,7 % de perte pondérale à 72 semaines, soit 8 kg de différence.
La cinétique typique de perte de poids est la suivante : perte notable dès les 4 à 8 premières semaines, phase de perte maximale entre 3 et 12 mois, puis plateau à partir de 12 à 18 mois.
Sources : Wilding et al., NEJM 2021 (STEP-1) | Jastreboff et al., NEJM 2022 (SURMOUNT- | Lincoff et al., NEJM 2023 (SELECT) | SURMOUNT-5, ECO 2025, NEJM 2025. - Quels sont les effets secondaires potentiels des traitements de l’obésité ?
Les effets secondaires les plus fréquents (> 10 %) : nausées, vomissements, diarrhée, constipation, douleurs abdominales. Ces effets sont majoritairement transitoires et s’atténuent lors de la montée progressive des doses (paliers sur 16 semaines minimum pour le sémaglutide, jusqu’à 20 semaines pour le tirzépatide à 15 mg). Dans l’essai SURMOUNT- 5, 6,1 % des patients sous tirzépatide ont interrompu le traitement pour effets indésirables, vs 8 % sous sémaglutide. Les effets les plus rares (signal de surveillance) : pancréatite aiguë, lithiase biliaire, tachycardie, réactions au site d’injection.
Une attention particulière doit être prise vis-à-vis des risques de dénutrition et de fonte musculaire car le rapport de pharmacovigilance de l’ANSM (2024, mis à jour janvier 2026) identifie un signal potentiel de carences nutritionnelles importantes : anémie ferriprive, carence en vitamines, et perte de masse musculaire potentiellement plus conséquente que lors d’un régime traditionnel. Jusqu’à 25 à 40 % du poids perdu peut correspondre à de la masse maigre en l’absence d’intervention (apports protéiques suffisants + exercice). Les facteurs de risque aggravés identifiés sont : être une femme, être âgé, et avoir un apport protéique insuffisant.
Source : ANSM, surveillance des effets indésirables des aGLP-1, 05/07/2024, mis à jour 07/01/2026 — https://ansm.sante.fr/actualites/surveillance-des-aglp-1-lansm-confirme-le- rapport-benefice-risque favorable-lorsque-ces-medicaments-sont-utilises-conformement-aux- recommandations - Les résultats de perte de poids avec les traitements médicamenteux de l’obésité sont-ils durables ?
C’est le point faible majeur de ces traitements : car l’effet des aGLP-1 est dit suspensif, cela signifie que les effets disparaissent à l’interruption du traitement, en effet ceux-ci traitent une cause biologique, ici la dérégulation de la satiété, mais sans la guérir. On peut faire le parallèle avec les traitements du diabète qui permettent de réguler les glycémies tant que le traitement est pris, mais sans guérir de la maladie. L’étude STEP-1 Extension (Wilding et al., 2022) nous apprend qu’après l’arrêt du sémaglutide, les patients ont repris en moyenne les deux tiers du poids perdu (11,6 %) en seulement un an, malgré la poursuite d’un programme nutritionnel et d’activité physique, et une revue Cochrane (octobre 2025) confirme que la reprise est encore plus rapide avec les molécules récentes : +0,8 kg supplémentaires par mois après arrêt du sémaglutide ou du tirzépatide.
Un espoir toutefois : Une étude de la Cleveland Clinic (publiée dans Diabetes, Obesity and Metabolism, 2026) apporte cependant une nuance : dans la vraie vie, sur près de 8 000 patients, ceux qui avaient modifié leurs habitudes de vie n’avaient repris que 0,5 % de leur poids un an après l’arrêt. Ce chiffre plaide pour l’importance capitale de l’accompagnement non médicamenteux. Certains profils de patients semblent également être de meilleurs répondeurs au traitement : ce sont ceux présentant une obésité viscérale (abdominale), un diabète de type 2 associé, et ceux qui maintiennent une activité physique régulière et une alimentation structurée pendant le traitement.
Sources : Wilding et al., Obesity, 2022 (extension STEP-1) | Revue Cochrane, octobre 2025 — https://france.cochrane.org/news/les-medicaments-glp-1-sont-efficaces-pour-la-perte-de- poids-mais-des-etudes-independantes - Y a-t-il des mauvais répondeurs aux traitements médicamenteux de l’obésité ?
Il est important de comprendre qu’une minorité de personnes n’auront aucun bénéfice de ces médicaments. Entre 5 et 10 % des patients sont des non-répondeurs primaires, définis par une perte de poids inférieure à 5 % du poids corporel après 12 semaines de traitement à dose optimale. Il existerait probablement des facteurs génétiques, métaboliques et liés au microbiome intestinal expliquant la variabilité de cette réponse. En l’absence de réponse à 3 mois, la poursuite du traitement n’est pas recommandée (critère appliqué également pour le remboursement en France : évaluation à 4 mois, maintien conditionné à une perte d’au moins 5 %). - Comment consolider les résultats de perte de poids sous traitement médicamenteux de l’obésité ?
Les autorités sanitaires françaises (ANSM, HAS) rappellent que l’AMM des aGLP-1 exige leur association à :
– Un régime hypocalorique adapté et structuré
– Une augmentation de l’activité physique
– Un accompagnement nutritionnel et comportemental
Ce n’est pas une recommandation optionnelle : c’est une condition réglementaire de l’AMM européenne. Les données confirment que sans accompagnement, le sémaglutide fait perdre environ 7,7 % du poids en vie réelle, contre 14,9 % dans les essais cliniques avec encadrement intensif du mode de vie. Un accompagnement professionnel avec un diététicien ou un nutritionniste tout au long du traitement conditionne l’efficacité d’une perte de poids plus durable. - Quel est le prix et les modalités de remboursement des traitements médicamenteux de l’obésité en 2026
Depuis le 15 juin 2026, les Wegovy® et Mounjaro® sont remboursés par l’Assurance Maladie à hauteur de 65 %, et à 100 % pour les patients en ALD (la majorité des éligibles). La prise en charge effective résulte des arrêtés du 23 mai 2026 publiés au Journal officiel du 28 mai 2026 (JORFTEXT000054144081 pour Wegovy® et JORFTEXT000054144129 pour Mounjaro®).
Prix publics officiels (dose d’entretien mensuelle) :
– Wegovy® FlexTouch : 146,91 € à 195,10 €/mois selon le dosage
– Mounjaro® KwikPen : 176,10 € à 433,80 €/mois selon le dosage
– Saxenda® (liraglutide) n’est actuellement pas remboursé dans l’obésité.
Toutefois, n’oublions pas les conditions de remboursement qui sont strictes :
– Avoir un IMC ≥ 40, ou IMC ≥ 35 avec une ou plusieurs comorbidités documentées
– Après l’échec d’une prise en charge nutritionnelle bien conduite de 6 mois ( avoir perdu moins de 5 % de son poids au bout de 6 mois)
– Disposer d’une prescription initiale en centre spécialisé (CSO, CHU, SMR) ou par un professionnel affilié (endocrinologue, médecin nutritionniste)
– Maintien du remboursement conditionné à une perte de poids ≥ 5 % du poids initial au bout de 4 mois de traitement
Le renouvellement de la prescription sera possible par le médecin généraliste avec maintien du remboursement.
Sources : Arrêtés du 23 mai 2026, Journal officiel du 28 mai 2026 | VIDAL, Éclairer vos décisions médicales – VIDAL , 15 juin 2026 — https://www.vidal.fr/actualites/37850-obesite-prise-en-charge-de-wegovy-et-mounjaro-a-partir-du-15-juin-2026-sous-conditions.html - Pourquoi associer un suivi diététique quand on prend un traitement médicamenteux de l’obésité ?
La prise d’un aGLP-1 réduisant l’appétit, il peut sembler superflu de faire appel à un professionnel de la nutrition. Toutefois, la réduction de l’appétit ne garantit ni la résolution des comportements alimentaires inappropriés ni des apports nutritionnels équilibrés adaptés à ses besoins réels. Souvenons-nous en premier lieu, qu’ un accompagnement diététique est une condition à l’autorisation de mise sur le marché de cette classe de médicaments, ensuite, les essais cliniques soutiennent que l’association avec des changements de mode de vie (alimentation et exercice) conduisent à un meilleur résultat sur la perte de poids. Il faut également considérer les risques importants de dénutrition et de fonte musculaire liés à ces traitements, qu’un suivi diététique pourra permettre de prévenir ou de minorer.
Un ou une diététicien(ne)-nutritionniste interviendra pour :
– Assurer des apports protéiques suffisants (minimum 1,2 à 1,6 g de protéines/kg/jour) pour préserver la masse musculaire — enjeu critique signalé par l’ANSM
– Prévenir les carences en fer, vitamines B, D, et calcium lors de la perte de poids rapide
– Adapter l’alimentation en cas d’intolérance digestive (nausées, diarrhées…)
– Éduquer à une alimentation durable pour pérenniser les résultats après l’arrêt éventuel du traitement
– Structurer des comportements alimentaires et des routines qui résisteront à la reprise pondérale - Pourquoi associer une activité physique aux traitements médicamenteux del’obésité et laquelle ?
L’activité physique joue un double rôle sous aGLP-1 : elle potentialise la perte de masse grasse et protège la masse musculaire. Une mini-revue publiée dans Frontiers in Clinical Diabetes and Healthcare (novembre 2025) confirme que l’association aGLP-1 + entraînement en résistance + apports protéiques suffisants produit des effets additifs sur la perte de graisse tout en préservant la masse maigre. Recommandations d’activité physique en pratique :
– Entraînement en résistance (musculation, Pilates, yoga dynamique) : il est prioritaire pour maintenir la masse musculaire, associé à des apports protéiques suffisants. Au minimum 2 séances par semaine.
– Endurance (marche rapide, natation, vélo) : elle améliore la santé cardiovasculaire et métabolique. L’OMS recommande 150 minutes par semaine d’intensité modérée
– Progressivité : débuter doucement, surtout en début de traitement où la fatigue et les nausées peuvent être marquées.
L’exercice seul ne suffit pas à maintenir le poids après arrêt du traitement (et si arrêt du traitement), mais il constitue le meilleur garant du maintien de la composition corporelle — et donc de la qualité des résultats obtenus. - Combien de temps prendre les traitements médicamenteux de l’obésité ? Que se passe-t-il à l’arrêt ?
L’obésité est une maladie chronique et récidivante. Comme un antihypertenseur ou un antidiabétique, les aGLP-1 traitent une dysrégulation biologique persistante. La communauté scientifique s’oriente vers un traitement au long cours, voire à vie pour certains profils. Les données le montrent clairement que l’arrêt du médicament entraîne une reprise pondérale quasi systématique dans les essais cliniques (deux tiers du poids perdu en un an dans STEP-1 Extension, étude STEP-4). Le CBIP (Centre Belge d’Information Pharmacothérapeutique, revue Folia, février 2026) souligne que la reprise est plus rapide avec les molécules récentes et semble indépendante de l’ampleur de la perte initiale.
Cette réalité doit être partagée par le médecin avec le patient avant l’initiation du traitement, pour des attentes réalistes et une stratégie de sortie préparée — incluant le renforcement des habitudes alimentaires et physiques pendant le traitement.
Sources : CBIP, Folia, février 2026 — Reprise du poids après l’arrêt d’un analogue du GLP-1 : un paramètre à prendre en comptedun-analogue-du-glp-1-un-parametre-a-prendre-en-compte/
✅ Synthèse : 10 points à retenir
- Trois classes de traitement disponibles : orlistat (faible efficacité), liraglutide (modéré), sémaglutide et tirzépatide (puissant). Le tirzépatide (double agoniste GLP- 1/GIP) est aujourd’hui la molécule la plus efficace en termes de perte pondérale.
- Pas un traitement de confort ni à visée esthétique : les aGLP-1 sont indiqués en seconde intention, pour des obésités documentées (IMC ≥ 30 avec comorbidité, ou ≥ 40), après échec de 6 mois de prise en charge nutritionnelle.
- Très bonne efficacité : jusqu’à −22,5 % de perte de poids en 72 semaines avec le tirzépatide (SURMOUNT-1). Le sémaglutide réduit en outre la mortalité cardiovasculaire de 20 % (étude SELECT).
- Remboursement acté depuis le 15 juin 2026 : prise en charge à 65 % pour les obésités sévères (IMC ≥ 40 ou ≥ 35 + comorbidité), 100 % en ALD. Prescription initiale en CSO ou spécialiste ; renouvellement par le généraliste –
- Pas de prise en charge pour les obésités grade 1 ou grade 2 sans comorbidité associée
- Effets secondaires fréquents mais gérables : troubles digestifs transitoires. Le signal majeur est la dénutrition et la perte musculaire, à prévenir activement par les apports protéiques et l’activité physique.
- Effet suspensif : à l’arrêt, deux tiers du poids perdu sont repris en un an sans changement durable du mode de vie. L’obésité est une maladie chronique ; le traitement peut l’être aussi.
- 5 à 10 % de non-répondeurs : évaluation à 4 mois obligatoire. Absence de réponse (< 5 % de perte) = arrêt du traitement.
- Le suivi diététique est indispensable : pas optionnel. Il protège contre les carences, préserve la masse musculaire et conditionne la durabilité des résultats après arrêt.
- L’activité physique en résistance est prioritaire : elle est le meilleur garant du maintien de la composition corporelle et de la pérennité des bénéfices.
Cet article est à visée informative et ne se substitue pas à un avis médical. Toute décision de traitement doit être prise avec un professionnel de santé qualifié.
Principales sources scientifiques et réglementaires :
- ANSM, surveillance des aGLP-1 : Accueil – ANSM
- HAS, avis Wegovy et Mounjaro dans l’obésité : HAS – Professional
- Arrêtés du 23 mai 2026, Journal officiel du 28 mai 2026 : legifrance.gouv.fr
- Wilding et al., NEJM 2021, STEP-1 (sémaglutide)
- Jastreboff et al., NEJM 2022, SURMOUNT-1 (tirzépatide)
- Lincoff et al., NEJM 2023, SELECT (sémaglutide et cardiovasculaire)
- SURMOUNT-5 (tirzépatide vs sémaglutide), NEJM 2025
- Cochrane France, revue GLP-1, octobre 2025 : Accueil | Cochrane France
- CBIP, Folia, tirzépatide vs sémaglutide, février 2026 : CBIP – Des informations fiables sur les médicaments
- OMS, lignes directrices GLP-1 obésité, décembre 2025 : who.int